Superficie : 100 km² Communes : Causse-Begon, Lanuéjols, Revens. Paysage de Far-West, c'est ici le pays des moutons, la pampa française, le plateau à l'infini, le causse quoi ! Situé au nord des montagnes cristallines du Lingas et du Saint-Guiral, ce district est voisin de l'Aveyron. Il englobe la partie gardoise du Causse Noir (appelé aussi Causse de Lanuéjols) et son annexe le Causse Bégon qui s'allonge au sud entre la Dourbie qui sert de limite départementale et son affluent le Trévezel. Ces tables calcaires légèrement inclinées d'est en ouest sont très élevées : l'altitude est comprise entre 800 et 1100 mètres, (1 181 mètres à la cime des Commandeurs). La dolomie y prédomine et forme de beaux chaos de reliefs ruiniformes. Ces calcaires massifs dolomitisés forment aussi les corniches caussenardes qui surplombent de plusieurs centaines de mètres de belles gorges profondément encaissées où coulent vers l'océan Atlantique les deux rivières précédemment citées.Outre ces deux rivières allogènes, la Garène (très souvent à sec) seule à prendre sa source sur le causse l'entaille très rapidement d'un vallon bordé d'une ripisylve, formation arborée rare en un tel lieu ! Les lavognes sont rares : deux seulement ont été recensées. Protégé par la barrière du Lingas des pluies méditerranéennes, ce district ne reçoit annuellement que 800 à 1000 mm de précipitations. La sécheresse estivale (moins d'un mois) reste présente surtout dans les vallées encaissées : à Trèves le climat de type méditerranéen est encore bien représenté avec un maximum de pluies en automne. Par contre les plateaux connaissent des températures rigoureuses dont la moyenne annuelle est comprise entre 7° et 9°. L'influence montagnarde est nette (tempêtes de neige, chute des premières neiges aux environ du 10 octobre, gelées persistantes et prés de 70 jours avec des températures inférieures à 0°) et la dégradation continentale réelle : à Lanuéjols, les précipitations hivernales sont inférieures à celles de l’été. Sur ces plateaux battus par les vents violents, l’action conjuguée de la sécheresse estivale et du froid hivernal se traduit par un mélange d’espèces montagnardes et méditerrannéo-montagnardes constituant la série mixte du Pin sylvestre et du Chêne pubescent largement majoritaire dans les boisements lâches montagnards troués de landes. Cependant globalement ces bois sont rares et c'est la pelouse rase (ultime stade de la dégradation par l'homme) piquetée d'arbustes (genévriers, buis, églantiers...) et de plantes épineuses qui représente plus de 40% de la superficie. Fréquentes mais peu étendues, les pinèdes sont pures ou en taillis. C'est le Pin noir qui domine (d'où le nom du causse) mais le pin sylvestre est partout en progression jouant de plus en plus un rôle essentiel dans les boisements : il s'installe très facilement et spontanément sur les sols dégradés. Dans les vallées encaissées le Chêne pubescent est présent sur les versants chauds et ensoleillés tandis que les versants nord plus frais sont colonisés par de jolis bois de Hêtre, même à une altitude relativement basse de 500 mètres. Malgré la faible population agricole, plus de la moitié de la superficie (56 km²) est recensée en Surface Agricole Utilisée (S.A.U.). Les Surfaces Toujours en Herbe (S.T.H.) représentent les trois quarts de la S.A.U. et le solde, les Terres Labourables (T.L.), se partage entre les céréales avec près de 1400 ha, et les fourrages. Notons enfin l'accroissement du cheptel ovin entre les deux derniers recensements agricoles. |
![]() En bleu : les Causses avec le Causse noir en bleu foncé ![]() Moutons sur les causses (Photo D.Bizet) ![]() Lanuéjols (Photo D.Bizet) ![]() Trèves en amont (Photo D.Bizet) |
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Superficie : 175 km² Communes : Blandas, Campestre-et-Luc, Montdardier, Rogues, Vissec. A pied, à cheval en voiture ou à vélo, pas un étranger ne peut rester insensible à ce site prestigieux. Ce n'est pourtant pas le gigantesque canyon du Colorado, mais notre cirque de Navacelles resplendit d'un même éclat. Ce district est situé dans la partie méridionale des Grands Causses au sud du Massif Central et des Cévennes et au nord des garrigues de l'Hérault. Il comprend une infime partie du Causse du Larzac, ses deux satellites les Causses de Blandas et de Campestre-et-Luc et la partie de la Séranne qui est gardoise. Moins haut que le Causse Noir, il s'élève entre 650 et 700 m environ. La monotonie générale du paysage n'est interrompue que par de nombreuses collines qui se relèvent du sud au nord : le mont Redon culmine à 911 m sur le Campestre et le serre de Goutèze à 955 m sur le Blandas. Elles forment une barrière, limite nord du district, qui surplombe de près de 500 m le Vigan et la vallée de l'Arre.A l'ouest et au sud, la Vis et son affluent la Virenque entaillent les causses de canyons remarquables, profonds de près de 300 m tandis que l'escarpement de Rogues limite à l'est ce district. Avec seulement trois cours d'eau, Vis, Virenque et Airoles, le réseau hydrographique est aussi restreint que celui du Causse Noir. Mais à l'inverse de ce dernier, il s'écoule vers la Méditerranée. Il fait partie du bassin versant de l'Hérault dont la Vis avec ses 50 km est le plus long affluent. Cependant ce réseau présente deux aspects bien différents : - en amont, le tracé est rectiligne, fortement dénivelé (13%), d'orientation nord-sud et les rivières sont presque toujours à sec, - en aval, le tracé s'oriente nord-ouest/sud-est. Il est plus sinueux et son profil de thalweg est plus faible (7%). Dans cette seconde partie du cours, les rivières sont toujours temporaires. Le relief karstique très développé ne favorise pas un écoulement pérenne. La Vis ne naît véritablement qu'à la résurgence de la Foux, en amont du méandre abandonné du cirque de Navacelles. Cette résurgence, est la plus importante de tous les causses (2m3/s), car elle restitue les pertes des eaux infiltrées dans les karsts des causses limitrophes ainsi que celles des trois rivières précédemment citées. Les lavognes sont nombreuses (entre 20 et 25) et la plus grande, celle de Blandas, atteint près de 300 ares. Les précipitations élevées (entre 1200 et 1500 mm) sont dues aux nuages méditerranéens poussés par le "marin", le vent du sud-est, sur les premiers reliefs qu'ils rencontrent. Malgré leur importance, le régime climatique reste méditerranéen et la sécheresse estivale est nettement marquée (environ un mois). Le district est compris entre les isothermes de juillet 18° et 19° et la température moyenne annuelle varie de 7° à l'ouest à 12° à l'est. Si l'influence continentale perceptible sur le Causse Noir est totalement absente ici, l'influence montagnarde reste encore très sensible : près de 50 jours avec des températures inférieures à 0°. La date moyenne de la première neige est d'un mois plus tardive : aux alentours du 10 novembre. Dans un paysage de landes, de pelouses et de boisements lâches montagnards où le buis est omniprésent, l'essence presque exclusive est le chêne pubescent. Dans les vallées profondes il est surtout présent sous forme de taillis. Dans ces gorges l'opposition adret-ubac offre de belles particularités : - présence sur le versant ubac, froid et humide, d'îlots de hêtre, - sur le versant adret, là où les conditions écologiques sont plus clémentes (exposition abritée et relativement sèche) on note quelques stations isolées de chêne vert. Sur le plan agricole, les S.T.H. s'accroissent et représentent plus de 90% de la S.A.U. Avec seulement 700 ha, la moitié de celles du Causse Noir, le recul des T.L. est essentiellement dû à la quasi-disparition des céréales sur le Causse de Blandas et sur Ie Causse de Campestre-et-Luc où 100 ha seulement ont été recensés. |
![]() En bleu : les Causses avec le Causse de Blandas en bleu foncé ![]() Le Causse de Campestre (Photo E.Sulmont) ![]() Lavogne sur le Causse de Campestre (Photo E.Sulmont) |