Les
districts du Gard
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I
: les Causses - II : les
Cévennes -
III : les
Garrigues - IV : les
Plaines
Dans
une zone d'affaissement
du Massif Central située entre l'Aubrac au nord, le Rouergue à l'ouest
et les Cévennes à l'est, les
mers jurassiques ont recouvert la plus grande partie du socle ancien
pénéplanisé de couches importantes (supérieures à 1000 mètres) formées
surtout de
calcaires marneux ou massifs. Au début de l'ère tertiaire les forces
qui agissent sur l'écorce terrestre provoquent un formidable plissement
qui fait surgir
les chaînes pyrénéenne et alpine. Par contrecoup, le Massif Central
trop rigide est fortement ébranlé sur ses bordures orientale et
méridionale. Coincée
dans les terrains anciens, la carapace des causses se soulève puis se
brise en blocs séparés par des lignes de failles.
A la faveur de ces failles qui sillonnent le plateau, des cours d'eaux
modestes certes, mais bien alimentés puisque issus des
régions cristallines voisines très arrosées creusent des tranchées
gigantesques : les canyons. En dehors de ces rivières, les plateaux
sont dépourvus de
toute circulation d'eau superficielle : la sécheresse du sol est due à
la nature calcaire de la roche-mère qui absorbe comme une éponge les
eaux de
pluie. Ils sont le siège d'intenses phénomènes karstiques :
avens, dolines, ouvalas, poljés, résurgences, pertes...
A l'aridité superficielle s'oppose donc une intense activité des eaux
souterraines.
L'abaissement de l'escarpement périphérique entre le Massif de
l'Aigoual et les monts de Lacaune permet aux influences
méditerranéennes de pénétrer, surtout par les canyons, dans le Massif
Central.
Les Grands Causses sont donc soumis partiellement au climat
méditerranéen : on y retrouve les fortes précipitations
automnales, le déficit d'été mais avec cependant une atténuation
progressive du sud au nord.
Ce sont surtout les vallons qui jouissent encore des températures
douces : fortes chaleurs estivales, pas de grands froids hivernaux,
mais
cependant des gelées fréquentes.
Par contre les plateaux subissent un climat rude aux étés secs et
brûlants, aux hivers rigoureux. Toutefois l'hiver commence
un peu plus tard que dans les Cévennes : leurs sols calcaires se
refroidissent moins vite que les masses cristallines avoisinantes.
L'enneigement y est
considérable et long, les vents violents, glacé du nord et humide du
sud-est et de l'ouest, balaient sans cesse ces étendues sans obstacles.
En outre, ces températures sont de plus en plus rigoureuses en
remontant vers le nord : conséquence de l'influence
continentale plus marquée, les gelées se font plus fréquentes, les
tempêtes de neige et les congères se multiplient.
Région traditionnelle d'élevage du mouton dont la sobriété s'accommode
de la pauvreté de la végétation, les causses
offrent un paysage de pacages, landes et boisements lâches montagnards.
Les champs cultivés sont cantonnés dans les dolines ou les ouvalas.
Ailleurs les sols squelettiques sont
recouverts d'une pelouse xérophile.
En fait sous l'apparente homogénéité de ces régions due à la nature
calcaire du sous-sol, au modelé karstique, à la perméabilité et
à la sécheresse de la plupart des sols, se cachent des milieux très
variés. La situation géographique, les différences d'altitude (on passe
de 600 m environ au sud du Larzac à plus de 1000 m sur le Causse Noir),
la topographie (orientation des canyons : opposition ubac-adret)
offrent à la végétation naturelle une vaste palette de conditions
écologiques. Si l'on y joint les variations lithologiques (calcaires
lités se décomposant en plaquettes, dolomies donnant des arènes et des
escarpements ruiniformes, calcaires
massifs formant les corniches, calcaires marneux des talus inclinés) et
climatiques on conçoit mieux l'intérêt de subdiviser cet
ensemble. Il fallait toutefois rester dans les limites du raisonnable
et nous nous en sommes tenus à la distinction géographique évoquée dans
la présentation entre les causses septentrionaux (Causse Noir, Causse
Bégon) et les causses méridionaux (Causse de
Blandas, Causse de Campestre-et-Luc).
Le
Causse
noir (1)
Superficie : 100 km²
Communes : Causse-Begon, Lanuéjols, Revens.
Paysage
de Far-West, c'est ici le pays des moutons, la
pampa française, le plateau à l'infini, le causse quoi !
Situé
au nord des montagnes cristallines du Lingas et du Saint-Guiral, ce
district est voisin de l'Aveyron. Il englobe la partie gardoise du
Causse Noir (appelé aussi Causse de Lanuéjols) et son annexe le Causse
Bégon qui s'allonge au sud entre la Dourbie qui sert de limite
départementale et son affluent le Trévezel.
Ces tables calcaires légèrement inclinées
d'est en
ouest sont très élevées : l'altitude est comprise entre 800 et 1100
mètres, (1 181 mètres à la cime des Commandeurs). La dolomie y prédomine et forme
de beaux chaos de reliefs ruiniformes. Ces calcaires
massifs dolomitisés forment aussi les corniches caussenardes qui
surplombent de plusieurs centaines de mètres de belles gorges
profondément encaissées où coulent vers l'océan Atlantique les deux
rivières précédemment citées.
Outre
ces deux rivières allogènes, la Garène (très souvent à sec) seule
à prendre sa source sur le causse l'entaille très rapidement
d'un vallon bordé d'une ripisylve,
formation arborée rare en un tel lieu !
Les
lavognes sont rares : deux seulement ont été recensées.
Protégé
par la barrière du Lingas des pluies méditerranéennes, ce
district ne reçoit annuellement que 800 à 1000 mm
de précipitations. La sécheresse estivale (moins d'un mois) reste
présente surtout dans les vallées encaissées : à Trèves le climat de
type méditerranéen est
encore bien représenté avec un maximum de pluies en automne. Par contre
les plateaux connaissent des températures
rigoureuses dont la moyenne annuelle est comprise entre 7° et 9°. L'influence
montagnarde est nette (tempêtes de neige, chute des
premières neiges aux environ du 10 octobre, gelées persistantes et prés
de 70 jours avec des
températures inférieures à 0°) et la dégradation continentale réelle :
à Lanuéjols, les précipitations hivernales sont inférieures à celles de
l’été.
Sur
ces plateaux battus par les vents violents, l’action conjuguée de
la sécheresse estivale et du froid hivernal se traduit par un mélange
d’espèces montagnardes et méditerrannéo-montagnardes
constituant la série mixte du Pin sylvestre et du Chêne pubescent
largement majoritaire dans les boisements lâches montagnards troués de
landes. Cependant globalement
ces bois sont rares et c'est la pelouse rase (ultime stade de la
dégradation par l'homme) piquetée d'arbustes (genévriers, buis,
églantiers...) et de
plantes épineuses qui représente plus de 40% de la superficie.
Fréquentes mais peu étendues, les pinèdes sont pures ou en taillis.
C'est le Pin
noir qui domine (d'où le nom du causse) mais le pin sylvestre est
partout en progression jouant de plus en plus un rôle
essentiel dans les boisements : il s'installe très facilement et
spontanément sur les sols dégradés.
Dans
les vallées encaissées le Chêne pubescent est présent sur les
versants chauds et ensoleillés tandis que les versants nord
plus frais sont colonisés par de jolis bois de Hêtre, même à une
altitude relativement basse de 500 mètres.
Malgré
la faible population agricole, plus de la moitié de la
superficie (56 km²) est recensée en Surface Agricole Utilisée (S.A.U.).
Les Surfaces Toujours en Herbe (S.T.H.) représentent les
trois quarts de la S.A.U. et le solde, les Terres Labourables (T.L.),
se partage entre les céréales avec près de 1400 ha, et les fourrages.
Notons enfin
l'accroissement du cheptel ovin entre les deux derniers recensements
agricoles.
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En
bleu : les Causses avec
le Causse noir en bleu foncé

Moutons
sur les causses
(Photo Daniel Bizet)

Lanuéjols
(Photo Daniel Bizet)

Trèves
en amont (Photo Daniel Bizet)
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Le
Causse
de Blandas (2)
Superficie
:
175 km²
Communes :
Blandas, Campestre-et-Luc, Montdardier, Rogues,
Vissec.
A
pied, à cheval en voiture ou à
vélo, pas un étranger ne peut rester insensible à ce site prestigieux.
Ce n'est
pourtant pas le gigantesque canyon du Colorado, mais notre cirque de
Navacelles resplendit d'un même éclat.
Ce district est situé dans
la partie méridionale des Grands Causses au
sud du Massif Central et des Cévennes et au nord des garrigues de
l'Hérault. Il comprend une infime partie du Causse du Larzac, ses deux
satellites les Causses de Blandas et de Campestre-et-Luc et la partie
de la Séranne qui est gardoise.
Moins haut
que
le Causse Noir, il s'élève entre 650
et 700 m environ. La monotonie générale du paysage n'est interrompue
que par de nombreuses collines qui se relèvent du sud
au nord : le mont Redon culmine à 911 m sur le Campestre et le serre de
Goutèze à 955 m sur le Blandas. Elles forment une barrière, limite nord
du
district, qui surplombe de près de 500 m le Vigan et la vallée de
l'Arre.
A l'ouest
et au
sud, la Vis et son affluent la Virenque entaillent les
causses de canyons
remarquables,
profonds de près de 300 m tandis que l'escarpement de Rogues limite à
l'est ce district.
Avec
seulement
trois cours d'eau, Vis, Virenque et Airoles, le réseau
hydrographique est aussi restreint que celui du Causse Noir.
Mais à l'inverse de ce dernier, il s'écoule vers la Méditerranée. Il
fait partie du bassin versant de l'Hérault dont la Vis avec ses 50 km
est le plus long
affluent. Cependant ce réseau présente deux aspects bien différents :
- en amont, le tracé est rectiligne, fortement
dénivelé (13%), d'orientation nord-sud et les rivières sont presque
toujours à sec,
- en aval, le tracé s'oriente nord-ouest/sud-est.
Il est plus sinueux et son profil de thalweg est plus faible
(7%). Dans cette seconde partie du cours, les rivières sont toujours
temporaires. Le relief karstique très développé ne favorise pas un
écoulement pérenne. La Vis ne naît véritablement qu'à la résurgence de
la Foux, en amont du méandre abandonné du cirque de Navacelles. Cette
résurgence, est la
plus importante de tous les causses (2m3/s), car
elle restitue les pertes des eaux infiltrées dans les karsts des
causses limitrophes ainsi que
celles des trois rivières précédemment citées.
Les
lavognes sont
nombreuses
(entre 20 et 25) et la plus grande, celle de
Blandas, atteint près de 300 ares.
Les
précipitations élevées (entre 1200 et 1500 mm) sont dues aux nuages
méditerranéens poussés par le "marin", le vent du sud-est,
sur les premiers reliefs qu'ils rencontrent. Malgré leur importance, le
régime climatique reste méditerranéen et la sécheresse estivale est
nettement marquée
(environ un mois). Le district est compris entre les isothermes de
juillet 18° et 19° et la température moyenne annuelle varie de 7° à
l'ouest à 12° à l'est. Si
l'influence continentale perceptible sur le Causse Noir est totalement
absente ici, l'influence montagnarde reste encore très sensible : près
de 50
jours avec des températures inférieures à 0°. La date moyenne de la
première neige est d'un mois plus tardive : aux alentours du 10
novembre.
Dans un
paysage
de landes, de pelouses et de boisements lâches
montagnards où le buis est omniprésent, l'essence presque exclusive est
le chêne pubescent. Dans les vallées profondes il est surtout présent
sous forme de taillis.
Dans ces
gorges
l'opposition adret-ubac offre de belles particularités :
- présence sur le versant ubac, froid et humide,
d'îlots de hêtre,
- sur le versant adret, là où les conditions
écologiques sont plus clémentes (exposition abritée et relativement
sèche) on note quelques stations isolées de chêne vert.
Sur le
plan
agricole, les S.T.H. s'accroissent et représentent
plus de 90% de la S.A.U. Avec seulement 700 ha, la moitié de celles du
Causse Noir, le recul des T.L. est essentiellement dû à la
quasi-disparition
des céréales sur le Causse de Blandas et sur Ie Causse de
Campestre-et-Luc où 100 ha seulement ont été recensés.
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En
bleu : les Causses avec
le Causse de Blandas en bleu foncé

Le
Causse de Campestre
(Photo Emeric Sulmont)

Lavogne
sur le Causse de Campestre
(Photo
Emeric Sulmont)
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