Les
districts du Gard
Pour consulter
les districts, cliquez sur l'ensemble de votre choix :
I
: les Causses - II : les
Cévennes -
III : les
Garrigues - IV : les
Plaines
Palier
médian
entre les Cévennes et la
basse plaine languedocienne la région des garrigues gardoises s'étend
sur plus
de 2500 km2. Une analyse détaillée permet
d'identifier plusieurs
petites unités qui suggèrent la complexité relative du relief.
Cependant de
manière globale, on rencontre deux types de paysages : les massifs des
garrigues carbonatées et les bassins et vallées déprimés.
C'est
essentiellement au tertiaire et au début du quaternaire que se
sont
mis progressivement en place les éléments principaux de la topographie
actuelle
des garrigues.
L'édifice
hercynien
qui s'étend sur toute la France est
raboté
durant cent milliers d'années puis recouvert au jurassique par une mer
épicontinentale dans laquelle se déposent des sédiments divers. Sur ce
milieu
sédimentaire les transgressions et régressions marines se succèdent
jusqu'au
début du quaternaire ; simultanément, des mouvements tectoniques
affectent
aussi la région :
- la zone des
garrigues actuelles se soulève et se plisse modérément alors que les
unités
intermédiaires seront encore envahies soit par des mers soit par des
eaux
continentales,
- des failles
disloquent la région et imposent leur marque au paysage, comme celle de
Nîmes
qui délimite encore aujourd'hui
le rebord
méridional
de la garrigue. Ce
jeu de
failles explique aussi les différences d'altitude entre les surfaces
d'érosion
(280 à 300 m au nord et 180 à 200 m au sud).
En
conclusion
dans le relief actuel les
surfaces subhorizontales mais étagées des plateaux du crétacé, séparées
par les
dépressions synclinales du tertiaire et du quaternaire restent les
marques
caractéristiques de cette région.
Le
modelé des
plateaux calcaires n'est pas
sans rappeler celui des causses. Si les dolines et poljés sont plus
rares, des
formes plus visibles telles les canyons, vallées sèches et avens
attestent du
modelé karstique des plateaux des garrigues gardoises.
Le
réseau
hydrographique ne correspond pas à la structure. La Cèze et le Gard
suivent un
cours orienté nord-ouest/sud-est, donc transversal par rapport aux
grands
accidents tectoniques. Ces rivières recoupent les zones de terrains
tendres des
bassins tertiaires et celles plus dures des plateaux calcaires en y
dessinant
de beaux canyons.
Aux
plus
remarquables, ceux de la Cèze et du Gard (allogènes)
s'ajoutent
des petits canyons de cours d'eau autochtones qui à leur échelle ne le
sont pas
moins : Doulibre (Lens), Seguissous, Alauzène, Merderis, Aiguillon,
Avègue,
Valliguière (Garrigues de Lussan), Bourdic, Seynes, Alzon
(Gardonnenque). Leur
profondeur n'est pas considérable, 130 à 150 m de commandement pour la
Cèze et
le Gard, souvent moins de 100 m pour les autres. Leur longueur
s'échelonne de
moins d'un kilomètre (Alauzène) à quelques 29 km (canyon du Gardon).
Les flancs
des canyons vont de la paroi unique, verticale et nue, aux versants
composés
d'éboulis et de replats. Les pentes des thalwegs parfois importantes
expliquent
la présence par endroits de cascades et de marmites de géants, comme le
long de
la Cèze. Autre élément important du modelé superficiel des garrigues
gardoises,
les nombreuses vallées sèches, vallées sans écoulement tout le long de
l'année
sauf après de très gros orages. Souvent largement évasées, mais parfois
encaissées, elles sont le témoignage d'une ancienne circulation des
eaux en
surface, aujourd'hui disparue. Pour en terminer avec ces formes de
reliefs de
surface, il faut mentionner l'abondance des lapiés.
Au
total les
eaux superficielles sont peu abondantes et très largement
récupérées souterrainement. Ce fait n'est pas sans influence sur le
modelé et
les phénomènes karstiques. Cette région du Gard est aussi "trouée"
que les Grands Causses : 335 avens, 296 grottes, 247 sources.
Le
drainage est
le fait de deux fleuves, le Rhône à l'est et le Vidourle dans le coin
sud-ouest.
Au second se raccordent en rive gauche quelques "rivières" toutes
temporaires
issues des bassins de Lédignan (Courme, Crieulon) et de Saint-Mamert
/Sommières
(Aigalade, Corbières). Outre l'Ardèche située à l'extrême nord-est de
la carte,
le Rhône reçoit deux tributaires principaux, au nord la Cèze, au sud le
Gard.
Typiquement
méditerranéens, ces cours d'eau
d'origine cévenole ont des régimes très irréguliers. Aux crues souvent
énormes
d'automne (plus de 5 000 m3/s à Ners le 30
septembre 1958) et de printemps,
s'opposent les eaux moyennes d'hiver et les étiage estivaux. Certaines
portions
tarissent même régulièrement, la Cèze sur 1 à 3 km dans son canyon
aval, le
Gard sur plus de 10 km dans le bassin de St-Chaptes et dans son canyon.
Les
affluents de ces rivières sont soit temporaires sur tout leur cours,
soit
pérennes, mais à débit minimal très bas (moins de 500 I/s) dans les
secteurs
aval et amont.
Ces
garrigues se
trouvent à
l'abri des influences atlantiques atténuées
par
les Cévennes, elles jouissent d'un climat méditerranéen caractéristique
avec des constantes bien marquées dans les moyennes comme dans les
extrêmes.
Les
étés sont chauds et secs, les hivers doux. Sur des séries supérieures à
25 ans,
la température moyenne annuelle élevée varie de 12° dans le nord du
département
et au pied des Cévennes à plus de 14° au sud-est entre Remoulins et
Sommières.
En moyenne, pour l'ensemble de la région le printemps est doux, 13°4,
l'été
précoce et chaud (plus de 21°), l'automne le plus souvent doux (plus de
14°) et
l'hiver clément, 5°. Les gelées sont d'autant moins fréquentes que l'on
s'approche du littoral. Les extrêmes sont très prononcés, ainsi ceux de
l'année
1956 à Nîmes : -13°6 à 40°6 .
Les
précipitations
relativement abondantes
sont irrégulières et souvent orageuses. Amenées par le vent humide du
sud-est,
elles varient de 750 à 1100 mm. L'automne est toujours la saison la
plus
pluvieuse, viennent ensuite printemps, hiver, et été. Ces pluies
souvent
torrentielles profitent peu à la végétation et entraînent une érosion
rapide
des sols. Quelques moyennes annuelles sur plus de 50 ans : 739 mm à
Nîmes, 826
mm à Uzès, 991 mm à Alès. Notons aussi quelques records : plus de 220
mm à
Vergèze le 26 octobre 1977. Les chutes de neige sont toujours très
faibles et limitées
dans le temps.
Le
vent du nord,
le mistral,
froid sec et violent, est assez fréquent
et
participe à la grande luminosité de cet ensemble : la moyenne
d'ensoleillement
à Nîmes est de 2713 heures par an. Il favorise l'importante évaporation
croissante du nord au sud. L'aridité estivale générée par ce climat est
très
importante et cruciale pour la végétation Méditerranéenne. Au sud-est
d'une
ligne Sommières-Uzès-Chusclan, la durée de cette sécheresse est égale
ou
supérieure à 2 mois.
Le
surface
agricole occupe une
place importante, souvent localisée dans les parties basses : le
vignoble est
le mieux représenté, accompagné çà et là par des vergers, des cultures
maraîchères et de plus en plus par des céréales.
Mais
c'est la
garrigue qui forme l'essentiel du paysage : cette
formation
végétale particulière groupe des "landes" et des
« forêts »
qui sont souvent imbriquées par taches aux limites floues. On passe
graduellement de peuplements forestiers assez denses, le plus souvent
en taillis,
à des boisements clairs, des broussailles et des pelouses. La flore est
celle
des séries méditerranéennes des chênes vert et pubescent.
L'ensemble
présente une unité
physionomique certaine, marquée par des boisements dont l'actuelle
médiocrité
est en grande partie le résultat d'une excessive pression humaine.
Cette
variété
des paysages et de la
végétation, combinée à celle du relief et du climat, aurait pu nous
permettre
de multiplier à foison le nombre des unités écogéographiques. En tenant
compte
essentiellement des grandes lignes du relief et d'une surface minimale
à
prospecter (50 km²) nous avons dans le cadre de cet atlas identifié dix
districts, cinq concernant les plateaux, cinq autres les bassins
déprimés :
LES PLATEAUX :
- Garrigues deLussan
- Garrigues du Montpelliérais
- Bois de Lens
- Bagnolais
- Garrigues de Nîmes
LES BASSINS:
- Bassin d'Alès
- Bassin de Lédignan
- Gardonnenque
- Sommiérois
- Vaunage.
Les
Garrigues de Lussan (8)
Superficie
: 528 km²
Communes :
Aigaliers, Aiguèze, Argilliers, Belvezet, Bouquet, Brouzet-les-Alès,
Castillon-du-Gard, Estézargues, Euzet, Flaux, Fons-sur-Lussan,
Fontarèches, Goudargues,
La Bruguière, La
Capelle-et-Masmolène, Laval-Saint-Roman, Le Garn, Lirac, Lussan,
Méjannes-le-Clap, Mons, Montclus, Monteils, Pouzilhac, Rivières,
Rochefort-du-Gard, Saint-Hilaire-d'Ozilhan,
Saint-Hippolyte-de-Montaigu, Saint-Just-et-Vacquières,
Saint-Laurent-la-Vernède, Saint-Maximin, Saint-Paul-les-Fonts,
Saint-Privat-de-Champclos, Saint-Quentin-la-Poterie,
Saint-Victor-des-Oules, Saint-Victor-la-Coste, Seynes, Tavel, Tharaux,
Vallabrix, Vallérargues, Valliguières.
La
falaise caractérise ce district. Où que l'on se
trouve, les murailles
blanches brûlées de soleil dominent la masse sombre des chênes.
Ce
district est le plus vaste du département. Il s'étend des
gorges de
l'Ardèche
au nord, jusqu'au poljé de Pujaut au sud ; il jouxte les dépressions
d'Alès à
l'ouest, d'Uzès au sud et le Bagnolais à l'est.
Il s'agit en fait de
deux
massifs reliés entre eux par l'isthme de Saint-Quentin.
Ce
vaste plateau calcaire légèrement
ondulé présente de nombreux plis parallèles suivant un axe est-ouest.
Il
s'abaisse du nord au sud : 350 m dans les garrigues ardéchoises, 300
dans
celles de Lussan et 200 dans celles de Valliguières. Seul émerge le
mont
Bouquet, point culminant à 629 m.
La surface d'érosion qui a taillé
cette pénéplaine a tranché les voûtes anticlinales et mis à jour des
terrains
sous-jacents plus tendres. L'érosion fluviatile a par la suite déblayé
ces
roches tendres, faisant apparaître au coeur des anciens anticlinaux des
micro-dépressions orientées est/ouest. Au sud de la Cèze les plus
belles sont
au nombre de cinq.
La présence de terrains imperméables a favorisé la présence
d'anciens lacs qui se sont évidés par des vallées aujourd'hui sèches. L'étang
de la Capelle en est un exemple encore vivant aujourd'hui.
Cet étang de
56 ha
d'une profondeur moyenne d'environ deux mètres couvre le fond d'un
synclinal
imperméable recouvert par les argiles. Jadis beaucoup plus important,
il
occupait toute la dépression jusqu'à Pouzilhac et son trop-plein devait
se
verser autrefois dans la vallée qu'emprunte la RN 86 au nord de
Valliguières.
L'omniprésence de ces nombreuses vallées sèches et l'indigence
du réseau hydrographique superficiel sont d'autres traits typiques du
modelé
karstique du plateau (abondance des lapiés, avens et autres
résurgences).
Notons encore quelques dolines et lavognes, mais surtout la présence de
deux
poljés dont le plus vaste, celui du Camellié, peut être inondé
temporairement.
Néanmoins, le trait le plus remarquable de ce type de relief karstique
reste la présence de
nombreux et profonds canyons. Le plus important est celui
de la
Cèze.
Cette
région balayée par le mistral offre des contrastes
climatiques assez sévères. L'amplitude thermique journalière favorisée
par
l'albédo de la roche calcaire est la plus forte du département. La
température
moyenne annuelle varie entre 12°5 au nord et 14°2 au sud. Les
précipitations
sont orientées par l'axe rhodanien et varient d'est en ouest de 700 à
1300 mm.
Seules les combes légèrement abritées du mistral et les ripisylves
présentent
un microclimat un peu plus tempéré et une végétation plus riante.
Sur
les
plateaux, c'est le grand
domaine des garrigues boisées qui représentent
près de
la moitié de la surface totale des différents types de peuplements ;
elles
devancent les taillis et les garrigues non boisées. Il ne reste qu'une
portion
congrue aux pinèdes pures ou associées à des taillis et autres
boisements
morcelés.
Le chêne
vert est bien sûr l'essence dominante. Il exerce un quasi-monopole dans
les
garrigues les plus méridionales, comme celles de Valliguières. Mais il
doit
partager cette prépondérance avec le Chêne pubescent dans les garrigues
de
Lussan : profitant des terrains plus humides et de Ia réserve en eau du
sol
suffisante pour compenser la sécheresse estivale, ce dernier l'emporte
alors
sur le Chêne vert. On le trouve en petits massifs dans les bas-fond
des
cuvettes et dépressions et même sur les pentes nord des plateaux quand
la
période sèche se réduit à deux ou trois semaines : forêts de
Massargues,
Saint-Victor-des-Oules, Montaigu. Enfin aux environs de Lussan, la
recolonisation
d'anciens pâturages par le Chêne blanc est particulièrement nette.
A
l'abri des plateaux arides, confinés au fond des
"boutonnières",
quelques villages et hameaux autour desquels
céréales, cultures industrielles et vignobles se partagent à parts
égales
l'essentiel de la S.A.U. En vingt ans celle-ci a perdu près de 50% de
sa
superficie. Les S.T.H. surtout ont fortement reculé. A un degré moindre
les
céréales ont aussi chuté. Le bétail et les fourrages ont également
diminué mais
le bon maintien du vignoble est surprenant, surtout dans cette partie
du Gard.
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En
bleu : les Garrigues avec les
garrigues de Lussan en bleu foncé

Les
Concluses de Lussan
(photo
Bérenger Remy)

Montclus
(Photo Bérenger Remy)
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Les
garrigues du Montpelliérais (9)
Superficie
: 305 km²
Communes :
Bragassargues, Brouzet-les-Quissac, Cannes-et-Clairan, Carnas,
Conqueyrac, Corconne, Durfort-et-Saint-Martin-de-Sossenac, Gailhan, La
Cadière et Cambo, Lecques, liouc, Logrian-Florian,
Orthoux-Sérignac-Quilhan, Pompignan, Puechredon, Quissac,
Saint-Hippolyte-du-Fort, Saint-Nazaire-des-Gardies, Sardan, Sauve.
Des
étés surchauffés, des hivers rudes, la plaine de Pompignan n'est pas
sans présenter des analogies avec les contrées arides du sud de
l'Espagne :
steppes à perte de vue, graminées et arbustes.
Au
sud-ouest de notre département,
ce district très hétérogène s'étend de part et d'autre du Vidourle.
Il est profondément marqué par de nombreuses failles dues à la phase
alpine,
orientées sud-sud-ouest/nord-nord-est.
Globalement
l'altitude est plus
élevée à l'ouest : Mont Haut
527 m à l'ouest de Pompignan, le Leiris 470 m au massif de Coutach et
243 m au
bois de Paris qui domine la plaine de Salinelles.
II se présente comme
une
succession de petits coteaux et plateaux boisés, plus ou moins
parallèles à
l'arc cévenol, formés d'une alternance de calcaires marneux et plus
durs du
jurassique (massif de Coutach) et du crétacé inférieur (partie
méridionale du
dôme de Lédignan), fréquemment entrecoupés de bassins tertiaires
d'origine
lacustre.
Le
Vidourle traverse le coeur du
district et collecte de nombreux ruisseaux, Rieumassel, Brestalou,
Crieulon,
qui s'écoulent dans ces bassins. La plupart de ces cours d'eau
tarissent en été
; c'est aussi le cas du Vidourle entre Sauve et Saint-Hippolyte-du-Fort.
A
cause de la proximité de
l'Aigoual
et du Liron, le climat s'apparente plus à celui des Cévennes qu'à celui
des
garrigues. Il est encore méditerranéen en raison de la sécheresse
estivale
(environ un mois), mais pourtant assez froid de l'automne au printemps
avec
d'importantes précipitations : elles s'échelonnent de 800 à 1100 mm/an.
Mais l'influence
des
Cévennes froides se décèle surtout aux températures :
- la
température moyenne annuelle est comprise entre 12° et 13° (mêmes
valeurs qu'à
la Grand-Combe),
- le
nombre de jours de gel sur les trois quarts du district est supérieur à
70,
soit l'équivalent du mont Aigoual. C'est aussi 50 Jours de plus qu'à
Nîmes
pourtant à même latitude et éloignée à peine de 60 km à l'est ,
- les températures estivales
présentent cette même différence : une température moyenne
mensuelle en
juillet
aux environs de 20° Contre près de 24° à Nîmes.
Du fait des
précipitations
brutales et inégalement réparties du climat méditerranéen, le régime
des cours
d'eau est très irrégulier. Le Vidourle en particulier est célèbre par
la
violence et la rapidité de ses crues : plus de 7 mètres de montée des
eaux en
quelques heures le 7 octobre 1958 à Sommières. C'est pourquoi de
nombreux
barrages écrêteurs de crues ont été construits : Ceyrac, Sauve, la
Rouvière.
Mis
à part les belles
ripisylves qui ourlent les bords du Vidourle et de ses
principaux affluents, la
forêt se
rencontre sur les coteaux. Elle couvre environ 54 % du district. La
série
dominante est celle du Chêne vert, le pubescent se rencontre
localement. Le Pin
d'Alep est bien représenté surtout autour de Bragassargues sur les
calcaires
marneux de la bordure sud du dôme de Lédignan. Cette espèce liée à un
stade de
transition, qui colonise les friches abandonnées et les secteurs
incendiés,
forme de belles futaies à l'ombre desquelles le chêne vert en taillis
peut
s'installer. Ailleurs les garrigues boisées et les taillis (forêt de
Coutach)
représentent les types de peuplements les plus courants. Les garrigues
non
boisées basses à genêt scorpion et les landes-pelouses
à
lavande, thym
ne sont
pourtant pas réduites au minimum et occupent
de beaux espaces surtout
dans la
plaine de Pompignan.
Avec
28 % de S.A.U., l'agriculture
est surtout concentrée dans les vallons. A part le vignoble et les
jachères qui
se maintiennent, la tendance est à la diminution même pour les
pâturages qui
occupent la première place avec encore de belles surfaces dans le
Pompignanais.
Ils sont suivis de près par le vignoble. Les cultures industrielles et
les
céréales couvrent quelques centaines d'hectares et ces dernières
reculent
sévèrement. Notons enfin et c'est surprenant, la quasi-disparition des
plantes
fourragères et la chute réelle du cheptel ovin.
L'impact
anthropique dans cette région est faible.
L'habitat est groupé et les populations sont concentrées dans de petits
villages dont les plus importants restent Sauve et Quissac.
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En
bleu : les Garrigues avec les
g.du Montpelliérais en bleu foncé

La
plaine de Pompignan
(Photo Daniel Bizet)
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Le
bois de Lens (10)
Superficie : 95 km²
Communes :
Combas, Crespian,
Domessargues, Fons, Maruéjols-les-Gardon, Mauressargues, Montagnac,
Montignargues, Montmirat, Saint-Bauzély, Saint-Bénézet,
Saint-Mamert-du-Gard, Vic-le-Fesq.
Entourée
de plaines peuplées, cette "montagne-île"
apparaît
singulièrement déserte et sauvage. Elle était le refuge inextricable
des
Camisards. Savez-vous que les armées du Roi Soleil avaient envisagé de
la
brûler pour en déloger ces irréductibles ?
Avec une altitude moyenne de 250 m
(point culminant au Mounier à 282 m), le Bois de Lens se dresse à la
croisée
des grandes dépressions du Gard, celles de Lédignan, d'Uzès et de
Sommières.
Outre son altitude sensiblement plus élevée que celle des bassins
voisins, sa
forme allongée, 5 km de large au plus et 20 km de long, renforce
l'impression
de barrière que donne ce massif. C'est un des plus petits districts du
Gard.
Ce
massif calcaire correspond en fait au flanc oriental du
dôme de Lédignan qu'il épouse parfaitement. Son orientation est donc
approximativement nord-nord-est/sud-sud-ouest. Les couches
sédimentaires sont
ainsi très inclinées avec des pentes supérieures à 15%. Dans cette
succession
de couches plus ou moins tendres, l'érosion a favorisé par endroits la
présence
de petites corniches de hauteur toujours modeste.
Si
on excepte le petit ruisseau intermittent de l'Auriol, le réseau
hydrographique est presque inexistant. Notons la présence
de la
vallée
sèche du Doulibre qui s'encaisse dans un des plus petits canyons de
notre
département.
On
entre dans ce district de plein fouet dans le domaine du
Chêne vert, surtout noté en garrigues boisées ou non, plus rarement en
taillis.
Le Pin d'Alep est localement présent en futaies. C'est un district
forestier :
la couverture forestière avoisine les 85 %. Suite aux incendies, les
landes ne
sont pas rares de même que les friches, à cause de la déprise agricole.
Avec
moins de 5 % de la
superficie du district en S.A.U., le
Bois de Lens est notre district le moins cultivé. Les terres agricoles
sont
rares : la cuvette de Robiac n'est plus exploitée que sur un tiers de
sa
surface et seules les terrasses de Montagnac et le val de l'Auriol sont
occupées par la vigne et quelques céréales.
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En
bleu : les Garrigues avec
le bois de Lens en bleu foncé

Une
Capitelle au bois de Lens
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Le
Bagnolais (11)
Superficie : 380 km²
Communes :
Bagnols-sur-Céze, Carsan,
Cavillargues, Chusclan, Connaux, Cornillon, Gaujac, Issirac, La
Bastide d'Engras, La roque-sur-Céze, Le Pin, Pougnadoresse, Sabran,
Saint-Alexandre, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-André-d'Olérargues,
Saint-Christol-de-Rodières, Saint-Gervais, Saint-Laurent-de-Carnols,
Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Michel-d'Euzet, Saint-Nazaire,
Saint-Pons-la-Calm, Salazac, Tresques, Vénéjan, Verfeuil.
Des
fayards et des
rouvres à faible altitude, voilà qui n'est pas chose courante dans
notre
région. On pourrait se croire dans une forêt du centre de la France.
Pourtant
nous sommes bien dans le Gard, sur une piste menant à la léproserie de
la forêt
de Valbonne.
A
l'est des Garrigues de Lussan et au nord de la faille de
Roquemaure, ce district offre un
paysage original. Les
calcaires durs de l'urgonien ont disparu et les terrains variés du
crétacé
affleurent (sables, marnes, calcaires gréseux). L'inégale résistance de
ces
terrains à l'érosion a été peu favorable à la conservation de surfaces
planes.
Cette érosion a dégagé des formes structurales mettant en saillie
des bancs
durs et déblayant les couches tendres. A côté des collines sableuses
aux formes
molles (Courac, Sabran), les assises tabulaires des calcaires gréseux
dressent
fièrement leurs escarpements (plateaux de Lacau, Chusclan). Le point le
plus
bas du district est à 40 m et le point culminant, au sud de la
Chartreuse de
Valbonne, à 358 m. Il domine alors de plus de 200 m, les plaines
alluviales de
la Cèze et de la Tave qui coulent dans les marnes aptiennes.
Les
températures moyennes annuelles sont comprises entre 13°
et 14°, les précipitations entre 750 et 950 mm. La sécheresse estivale
ne
dépasse guère un mois et le nombre de jours de gel varie de 40 à 60. Le
mistral
est omniprésent. Cependant le relief très morcelé génère en fait des
combinaisons variées d'influences locales, et au nord de la Cèze
s'esquisse déjà
la transition vers le climat continental de la France de l'est.
Le
réseau hydrographique comprend essentiellement deux bassins
versants orientés NO/SE :
- celui de la Cèze d'origine
montagnarde qui a un régime torrentiel très marqué,
- celui de son principal affluent en
rive droite la Tave, rivière autochtone dont le cours grossièrement
parallèle à
la Cèze a été fixé par un ancien synclinal.
En été, les petits affluents de ces deux rivières sont la
plupart du temps à sec et l'étiage de la Tave est même fortement
prononcé.
Notons enfin la présence de quelques mares mais surtout l'abondance de
sources
au contact des sables ou des argiles qui jalonnent parfois le pied des
talus.
Elles ont permis la dispersion de l'habitat en grands mas et donnent à
ce
district un caractère verdoyant.
La
particularité du Bagnolais tient à la présence conjointe de nombreuses
essences
et de peuplements très
disparates formant une véritable mosaïque. Mais la forêt
de Valbonne mérite attention tant elle apparaît comme un
peuplement
forestier
véritablement original à cette altitude faible. A la faveur des vallons
frais
et des sols siliceux humides et fertiles formés par la décomposition
des sables
albiens, le chêne
sessile de l'étage collinéen non méditerranéen et le
hêtre de
l'étage montagnard apparaissent à l'état relique mélangés au chêne
pubescent.
Ce dernier
trouve dans ce district des conditions
écologiques beaucoup plus riches que sur les Garrigues de Lussan. Sur
les
sables et grès humides et frais du crétacé supérieur il est bien
représenté en
grandes surfaces. Citons, outre la forêt de Valbonne, le bois de
Sabran, la
vallée de la Tave et la région à l'est de Verfeuil. Le chêne vert reste
présent
sur les plateaux calcaires plus arides de Lacau et de Chusclan.
Aujourd'hui
près de 40% de la surface
est cultivée. Le
vignoble est omniprésent, il progresse même depuis 20
ans et
représente près de 75% de la S.A.U. Ponctuellement on note aussi des
céréales,
des vergers et de plus en plus des cultures maraîchères comme les
asperges par
exemple. Les prairies reculent et ne représentent que quelques dizaines
d'hectares tout comme les labours et les fourrages.
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En
bleu : les Garrigues avec
le
Bagnolais en bleu foncé

Ripisylve
de la céze
(Photo Didier Daycard)
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Les
garrigues de Nîmes (12)
Superficie
: 370 km²
Communes :
Cabrières, Caveirac,
Clarensac, Langlade, Lédenon, Nages-et-Solorgues, Nîmes,
Parignargues, Poulx, saint-Bonnet-du-Gard, Saint-Côme-et-Maruéjols,
Sainte-Anastasie.
"Le
salaire de la peur" :
les scènes exotiques de ce film d'anthologie ont eu pour décor
tropical... les
gorges du Gardon et les fameux lacets qui conduisent à la Baume.
Ce
district a la forme
d'un croissant orienté nord-est/sud-ouest. Il
est limité au
nord et au sud par les bassins de la Gardonnenque et du Vistre et
enserre en
tenaille au sud-ouest la macro-combe de la Vaunage.
Ce
pays au relief confus doit son originalité à la nature
calcaire du sous-sol : une série de calcaires très durs et très épais
qui
surmontent des calcaires marneux. Ces couches ont été plissées au
tertiaire
suivant une orientation est-ouest puis arasées par l'érosion
ultérieure. Les
anticlinaux une fois décapités, l'érosion a dégagé les couches tendres
et créé
ainsi des "combes" ou vallons plus ou moins parallèles les uns aux
autres (Vallongue, la Barben...). Globalement ces terrains imperméables
sont
plus nombreux dans la partie sud-ouest et on peut distinguer la
"garrigue
rocheuse" du nord et la "garrigue marno-calcaire" du sud.
Cet ensemble
de collines et de plateaux culmine à 213 mètres. L'altitude moyenne est
comprise entre 200 et 210 m et correspond à l'ancienne surface
d'érosion où les
formes karstiques prédominent aujourd'hui.
Les formes dues à la
dissolution des
calcaires ne sont pas rares surtout dans la "garrigue rocheuse". Il
s'agit surtout de lapiés, avens et grottes. Les dolines sont moins
nombreuses
mais peuvent donner naissance à de véritables ouvalas comme celle du
mas Saint-Nicolas.
Les
formes dues au ruissellement sont importantes dans ces
garrigues nîmoises. Il faut d'abord citer le Gard, rivière allogène qui
traverse le nord du district dans un canyon
étroit et sauvage, long de
29 km
offrant de beaux méandres encaissés. Dans cette vallée
surimposée, les
eaux du
Gard disparaissent en été sur plus de 10 km pour réapparaître en aval
de
Saint-Nicolas. Les vallées sèches sont légion. Elles sont de deux
sortes :
les
premières, liées à la structure plissée des garrigues, ont une
orientation est-ouest.
Les secondes, liées aux niveaux de base relativement bas pour le massif
(lit du
Gardon au nord et vallée du Vistre au sud) ont donné une grande force
érosive à
des ruisseaux d'orientation nord-sud : les "cadereaux". Ils n'ont
d'eau qu'exceptionnellement, après de violents orages et peuvent
provoquer par
la forte déclivité de leur thalweg de violentes crues. Tout le monde a
encore
en mémoire la catastrophe du 3 octobre 1988 à Nîmes qui témoigne par
son excès
de la rigueur du climat méditerranéen : en 8 heures il est tombé entre
250 et
400 mm d'eau !
Les précipitations annuelles sont comprises entre 720
et 850 mm
et la température moyenne annuelle est supérieure à 13°6. La sécheresse
estivale est supérieure à deux mois, la température moyenne de juillet
oscille
autour de 23° et le nombre de jours de gel varie entre 20 et 30.
L'ancienne
forêt de Chêne vert a été fortement dégradée par
l'homme, l'élevage ovin et les incendies. Aujourd'hui elle ne subsiste
que
localement sous forme de taillis. C'est
ici le domaine des garrigues
par
excellence, garrigues boisées ou non boisées qui
représentent plus de
95% de la
surface des peuplements forestiers. Le Chêne pubescent apparaît au nord
du
district dans les endroits plus frais, sur les glacis, autour de la
Calmette.
Notons enfin la présence ponctuelle de futaies de conifères, Pins
d'Alep
essentiellement.
Anciennement
cultivées, les garrigues sont parsemées d'un
réseau de lignes de pierre les "clapas" dressés lors de l'épierrage
des champs. La plupart de ces champs sont aujourd'hui des friches et
des landes
à asphodèles et Chênes kermès. Les surfaces agricoles actuelles se
concentrent
dans les vallons et autour des zones déprimées de Lédenon et Cabrières.
La
S.A.U. est globalement stable depuis 20 ans. Malgré un léger recul, les
terres
viticoles sont les plus nombreuses. Les vergers et les jachères sont en
forte
progression alors que les T.L. et en particulier les céréales diminuent
légèrement.
Dans
ce district la pression
urbaine est omniprésente. La
ville de Nîmes s'étend fortement et des villages comme Poulx ou
Cabrières
voient leur population s'accroître démesurément.
|

En
bleu : les Garrigues avec les
garrigues de Nîmes en bleu foncé

Le
Pont du Gard
(Photo Bérenger Remy)

Le
Gardon à Russan
(Photo
Bérenger Remy)

Les
gorges du Gardon
(Photo Daniel Bizet)
|
Le
bassin d'Alès (13)
Superficie : 350 km²
Communes :
Alès, Allègre, Bagard, Barjac, Boisset-et-Gaujac, Cardet, Les Mages,
Les Plans, Lézan, Massanes, Massillargues-Attuech,
Méjannes-les-Alès, Navacelles, Potelières, Ribaute-les-Tavernes,
Rochegude, Saint-Christol-lès-Alès, Saint-Denis,
Saint-Hilaire-de-Brethmas, Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avejan,
Saint-Julien-de-Cassagnas, Saint-Privat-des-Vieux,
Saint-Victor-de-Malcap, Salindres, Servas.
En aval
d'Anduze, le torrent cévenol capricieux se plaît à serpenter
nonchalamment dans la plaine. Il est alors bordé de belles forêts
galeries, les
ripisylves squattées, l'été venu, par de nombreux touristes à la
recherche d'un
peu de fraîcheur.
Cette
longue
dépression orientée nord-est/sud-ouest et large de 6 km
environ s'étend en
gros entre
deux failles. A l'ouest celle des Cévennes marque l'escarpement cévenol
et à
l'est celle de Barjac délimite les Garrigues de Lussan. Au sud, il
vient buter
contre le rebord septentrional du dôme anticlinal de Lédignan et au
nord, il se
prolonge en Ardèche.
Ce
bassin
oligocène résulte d'un fossé d'effondrement dont
le fond est descendu par saccades pendant une partie de l'ère
tertiaire. Il
était occupé jadis par un lac probablement peu profond qui n'a pas été
comblé
rapidement par les matériaux descendus des hauteurs voisines, justement
à cause
de ces abaissements successifs. Ce phénomène dit de subsidence a permis
l'accumulation d'une série très épaisse de matériaux lacustres d'où
émergent
les klippes sédimentaires qui jalonnent les rives de l'Avène au sud de
Salindres et les buttes crétacées au nord du Gardon d'Anduze.
Cette
longue
pénéplaine a une altitude moyenne d'environ 160 mètres (260 m au nord,
près de
Barjac et 90 m au sud).
Les
températures moyennes
annuelles s'échelonnent entre 12°5 à Saint-Ambroix et 13°3 près d'Alès.
Les
précipitations annuelles varient entre 1000 mm à l'est et 1200 mm à
l'ouest. La
sécheresse estivale ne dépasse guère un mois et le nombre de jours ou
la
température est inférieure à 0° oscille entre 40 et 55.
Les
eaux de
surface se
répartissent en deux bassins tributaires du Rhône : au nord celui de la
Cèze,
au sud celui du Gard dont le cours d'eau est formé par la confluence
des
Gardons d'Anduze et d'Alès. Ces rivières et leurs principaux affluents,
l'Auzonnet pour la Cèze et l'Avène pour le Gardon d'Alès sont issues
des
Cévennes. Cette allogénie provoque deux traits typiques de l'hydrologie
du
district :
- un régime irrégulier, conséquence de l'abondance
des pluies brutales sur
le versant oriental des Cévennes imperméables,
- la diminution toute
aussi brutale de la pente de ces cours d'eau à leur sortie du talus
cévenol provoque un serpentement
important du lit de la rivière au milieu d'alluvions tout aussi
conséquentes
avec un lit majeur parfois supérieur à 2 km. Par ailleurs la présence
de pertes
d'origine karstique peut entraîner en étiage la quasi-disparition de
l'écoulement superficiel sur certains tronçons de leur cours (Gardon,
Avène,
Auzonnet) et le tarissement presque total de ces deux dernières lors
des
périodes de sécheresse.
Sur
ces
alluvions fluviatiles, de belles
ripisylves
se
développent le long de tous les cours d'eau, la principale étant sur le
Gardon
d'Anduze. Elles constituent la particularité la plus remarquable du
district
sur le plan de la végétation. Ces galeries forestières sont composées
d'aulnes,
de frênes, de peupliers et de fourrés de saules. Ces peuplements
remarquables
en général denses, peuvent atteindre vingt mètres de haut.
De plus, il
faut
noter sur les quelques buttes de ce district la présence de peuplements
de
chêne vert (et à un degré moindre de chêne pubescent) présents surtout
en
garrigues boisées et en taillis. Les conifères, pin maritime, pin
d'Alep, pin
pignon, mais surtout pin noir sont présents dans les boisements
morcelés. Les
garrigues non boisées sont rares et les landes inexistantes.
Cette plaine
est largement
cultivée (plus de 45% de la surface totale) grâce aux
possibilités
d'irrigation
offertes par les nappes alluviales. Elle est essentiellement le domaine
des
céréales puis celui du vignoble qui accuse un réel recul depuis vingt
ans.
Cependant ce type de production agricole n'est pas le seul à chuter :
les
vergers ont pratiquement disparu et les S.T.H. perdent plus de 75% de
leur
surface. Au contraire, les cultures industrielles et maraîchères
progressent
tout comme les jachères, mais cet accroissement ne comble pas le
déficit engendré
par le recul spectaculaire des S.T.H. Au total, c'est près de 30% de la
S.A.U.
qui a disparu entre les deux derniers R.G.A.
|

En
bleu : les Garrigues avec
le
bassin d'Alès en bleu foncé

L'abîme
à Salindres

Le
mas des demoiselles à Salindres

La
Céze à Saint-Denis
(Photo
André Sala)
|
Le
bassin de Lédignan (14)
Superficie : 115 km²
Communes :
Aigremont, Canaules-et-Argentières, Lédignan, Moulézan,
Saint-Jean-de-Crieulon, Saint-Jean-de-Serres, Saint-Théodorit,
Savignargues.
Oasis
de fraîcheur, la retenue d'eau du barrage de
la Rouvière est le
paradis des pêcheurs, des écrevisses qui y pullulent et accessoirement
un site
intéressant pour les ornithologues de tout poil !
Au
sud de la plaine d'Alès et à l'ouest des Cévennes
calcaires, le bassin de Lédignan s'étend irrégulièrement entre les
premières collines du Montpelliérais au sud et le massif du Bois de
Lens à
l'est.
L'altitude
d'ensemble est modérée, voisine de 100 m. Cependant
cette plaine est légèrement inclinée du nord au sud :
- 162 m à Coste Longue, point le plus haut à l'est
de Lézan,
- 45 m à l'ouest de Vic-le-Fesc, à l'endroit où le
Vidourle
pénètre dans le Lédignanais.
II s'agit d'un dôme anticlinal largement érodé. Cela se
traduit dans la morphologie par des collines ceinturant régulièrement
une vaste
plaine marneuse où pointent les petites collines de calcaire argileux
au sud de
Saint-Jean-de-Serres.
Deux
affluents du Vidourle qui tarissent chaque été se partagent ce district
:
- à l'ouest, la Courme alimente une petite mare
pérenne,
- à l'est, le Crieulon se jette dans le plan d'eau
du barrage
de la Rouvière.
Les
moyennes climatiques diffèrent relativement de celles de
la plaine d'Alès. Si les précipitations annuelles sont globalement
moins
importantes, comprises du nord au sud entre 1100 et 850 mm, les
températures
sont plus froides et ce malgré la position plus méridionale de ce
district. En
effet ses marges sud
commencent à ressentir les effets des coulées
d'air froid
du massif Aigoual-Liron :
- le nombre de jours où la température est
inférieure à 00
est compris entre 45 et 70,
- les températures moyennes annuelles
s'échelonnent de 12°7 à
13°7 d'est en ouest.
Dans
ce paysage de bocage,
outre la belle ripisylve qui borde
le Vidourle à Vic-le-Fesc, trois types de peuplements de très faible
étendue
ont été recensés :
- 290 hectares de garrigues boisées
dont plus de 200 en chêne vert et le reste en pubescent sur les marnes
à l'est
d'Aigremont,
- 150 hectares de boisements morcelés
à conifères (pin d'Alep surtout, mais aussi pin pignon) à
l'ouest de
Lézan,
- 120 hectares de garrigues non
boisées sur les petites collines de Saint-Jean-de-Serres.
Cette
cuvette est essentiellement
agricole avec plus de 70% de
la surface totale du district en culture. Dans une S.A.U. stable entre
les deux
derniers R.G.A., on note deux types d'évolution :
- une forte hausse des jachères et
des friches ainsi que des cultures industrielles qui comblent la
quasi-disparition des fourrages et des S.T.H.,
- une augmentation du vignoble, une
des seules dans le Gard. Il occupe près de 65% de la S.A.U.
Cette
prépondérance agricole
s'accompagne de l'essaimage de
nombreux mas et petits villages.
|

En
bleu : les Garrigues avec le
bassin de Lédignan en bleu foncé

Plaine
de Lédignan
(Photo
Daniel Bizet)
|
La
Gardonnenque (15)
Superficie : 425 km²
Communes :
Arpaillargues-et-Aureillac, Aubussargues, Baron, Blauzac,
Boucoiran-et-Nozières, Bourdic, Brignon, Cassagnoles,
Castelnau-Valence, Collias, Collorgues, Cruviers-Lascours, Deaux,
Dions, Foissac, Gajan, Garrigues-Sainte-Eulalie, La Calmette, La
Rouvière,
Martignargues, Montaren-et-Saint-Médiers, Moussac, Ners,
Saint-Cézaire-de-Gauzignan, Saint-Chaptes, Saint-Dézéry,
Saint-Etienne-de-l'Olm, Saint-Geniès-de-Malgoirès,
Saint-Hippolyte-de-Caton, Saint-Jean-de-Ceyrargues,
Saint-Maurice-de-Cazevieille, Saint-Siffret, Sanilhac-Sagriès, Sauzet,
Serviers-et-Labaume, Uzès, Vers-Pont-du-Gard, Vézénobres.
Au
coeur de la plaine
de Saint-Chaptes subsistent quelques hectares de friches, îlots de
survie
pour
quelques oiseaux de la steppe originelle.
Ce district
est ceinturé au nord et à l'est
par les plateaux urgoniens des Garrigues de Lussan, au sud par celui de
Nîmes
et à l'ouest par le rebord oriental du dôme de Lédignan (le Bois de
Lens) et le
bassin d'effondrement d'Alès.
Dans
ce bassin tertiaire occupé par de la molasse,
l'hétérogénéité et le manque de résistance de la roche ont grandement
facilité
le travail de l'érosion. La grande variété des faciès et leur faible
épaisseur
n'a guère permis l'apparition de véritables escarpements de rupture.
Cette
érosion a souvent dégagé des fouillis de collines dominant des plaines
plus ou
moins étendues.
On peut y
distinguer trois régions :
- les bancs gréseux résistants
forment les reliefs les plus "nets" comme les mamelons arrondis du
nord de Moussac où s'élève l'Arque de Baron, point culminant du
district, à 242
m,
- plus au sud, le bassin oligocène de
Saint-Chaptes est d'origine laguno-lacustre, de formation très
semblable à
celui
d'Alès, il domine à l'est par le front de cuesta de
Blauzac-Arpaillargues la
troisième région,
- la dépression d'Uzès tout d'abord
noyée par la mer Eocène puis affouillée par l'Alzon et son
principal
affluent
le ruisseau de Seynes.
Le
Gard principale rivière du district s'écoule à l'ouest le
long du Bois de Lens. Son lit majeur de sables, graviers et galets
surmontés
d'une couverture limoneuse est exceptionnellement large. II atteint aux
environs de Saint-Chaptes près de 4 km. Il reçoit en rive droite la
Droude, mais
surtout le Bourdic qui s'écoule paresseusement dans un lit d'alluvions
sablo-limoneuses.
Favorisées
par ces alluvions, de belles ripisylves se
développent et habillent les rives de tous les cours d'eaux : Droude,
Bourdic,
Alzon, Seynes. Celle du Gard surtout est impressionnante, qui peut
atteindre
par endroits près d'un kilomètre de large !
Outre ces peuplements
ripicoles,
les boisements sont constitués à part égale de chêne vert et de
pubescent. Ils
occupent 12% de la surface. Ce sont surtout des garrigues boisées ou
non, à un
degré moindre des taillis. On retrouve ces formations sur les collines
au nord
de Moussac.
Les
landes
sont faiblement représentées mais il faut cependant noter la présence
d'une
belle lande-garrigue xérophile de la série mixte des chênes vert et
pubescent
dans la plaine de Saint-Chaptes.
Protégée des effets des
coulées d'air
froid du massif Aigoual/Liron par la barrière du Bois de Lens, ce
district
jouit d'un climat plus clément, pluvieux en automne et au printemps
(précipitations comprises entre 750 et 1000 mm), frais l'hiver mais
chaud
l'été. La température annuelle moyenne tourne aux alentours de 14°. Au
nord des
Garrigues de Nîmes la sécheresse est égale à deux mois. Ce bassin est
situé
dans l'axe d'influence de la mer Méditerranée chaude, ainsi il y a
"seulement" 50 jours par an où des températures inférieures à 0° ont
été relevées, alors qu'il y en a plus de 70 dans les Garrigues du
Montpelliérais.
Grâce
aux nappes alluviales
importantes et au sol riche, l'agriculture
est très diversifiée. Le vignoble qui reste de justesse la principale
activité
agricole du district se stabilise, tandis que les cultures
céréalières,
les
pâturages et les vergers régressent fortement. Malgré
leurs fortes
progressions
ces vingt dernières années, les cultures industrielles et les jachères
ne
comblent pas le recul de ces cultures.
|

En
bleu : les Garrigues avec
la Gardonnenque en bleu foncé

Blés à
Blauzac (Photo Daniel Bizet)

Site
PGM à Gajan (Photo Daniel Bizet)

Vézénobres
(Photo Daniel Bizet)

Le
Gardon à Saint-Chaptes
(Photo Daniel Bizet)
|
Le
Sommiérois (16)
Superficie : 120 km²
Communes :
Aigues-Vives, Aspères, Aubais, Aujargues, Fontanès, Junas, Montpezat,
Saint-Clément, Salinelles, Sommières, Souvignargues, Villevieille
Aux
confins du Gard, la plaine
de Salinelles
est attachante à plus d'un titre : sa chapelle romane, les ondulations
douces
d'un paysage d'openfield et en contrebas la ligne sombre de la
ripisylve du
Vidourle.
Cerné
au nord, à l'ouest et à l'est
par trois massifs calcaires des garrigues gardoises, ce petit
district est limité au sud-est par les bombements des collines
d'Aigues-Vives. Au
sud-ouest, il atteint la limite départementale.
Il
comprend essentiellement un bassin lacustre oligocène semblable à
celui
d'Uzès, auquel nous avons rattaché les collines de calcaires marneux
aux formes
très arrondies de la région d'Aigues-Vives. Cette plaine n'est pourtant
pas
dépourvue de reliefs : de part et d'autre du Vidourle qui traverse ce
district
avant de servir de limite départementale dans le sud, des mamelons se
dressent
atteignant environ 100 m d'altitude (bois des Boulous : 139 m).
Le
climat méditerranéen est marqué avec deux mois de
sécheresse estivale. Si les précipitations sont inférieures à 800 mm
par an, la
température moyenne sur l'année est à peine supérieure à 13° et la
moyenne
annuelle des températures du mois de juillet est voisine de 22°4 contre
près
24° à Nîmes. En effet, guidées par le cours du Vidourle, les retombées
froides
de l'Aigoual-Liron se font encore sentir et le nombre de jours où la
température descend en dessous de 0° est supérieur à 60 !
Avec
les principaux
affluents du Vidourle, Quiquillan, Corbières et Aigalade qui tarissent
l'été
venu et un Vidourle dompté par les barrages écrêteurs de crues,
Sommières
aujourd'hui dort un peu plus tranquillement.
Les
peuplements
forestiers sont assez diversifiés, mais les garrigues boisées et non
boisées en
sont cependant les éléments les plus remarquables. Parmi les feuillus,
la série
du chêne vert est fortement représentée. Notons la présence de
peuplements
hygrophiles de bonne tenue dans les ripisylves qui bordent
le Vidourle
et ses
principaux affluents en particulier le valat des Corbières. Parmi les
conifères
le pin d'Alep forme de belles futaies et le pin pignon fait une timide
apparition.
Si
les forêts se sont ainsi bien maintenues sur les collines, l'homme a
cultivé
les plaines en utilisant la nappe phréatique toute
proche.
Cependant depuis vingt ans, le terroir agricole diminue assez
légèrement et la
S.A.U. ne représente encore aujourd'hui que 45% de la
surface totale contre plus de 50% autrefois.
Globalement tous les secteurs reculent
sauf
les jachères, les
vergers, les cultures maraîchères et fourragères. Le vignoble reste
l'élément
du paysage le plus important. Notons aussi la quasi-disparition des
prairies,
la baisse des céréales et l'absence des cultures industrielles.
Facile
d'accès, à proximité et à mi-chemin
de grands pôles urbains
(Nîmes, Montpellier) cette
région connaît un fort accroissement des résidences secondaires.
|

En
bleu : les Garrigues avec
le Sommiérois en bleu foncé

Le
Vidourle à Lecques
(Photo Daniel Bizet)
|
La
Vaunage (17)
Superficie : 50 km²
Communes :
Boissières, Calvisson, Congéniès, Saint-Dionisy.
En
quittant Nîmes par la route de Sommières, le voyageur
est frappé, après avoir passé le village de Caveirac de voir
s'entrouvrir une
large dépression couronnée de quelques petites crêtes rocheuses. Ce
bassin est le plus petit de nos districts : la Vaunage (de
"val de
Nages", un des villages de cette combe).
Après
les soubresauts
de la phase pyrénéo-provençale, le plateau tabulaire des garrigues
s'est
plissé. En tranchant les anticlinaux, la surface d'érosion qui a suivi
a mis à jour
des couches tendres
auparavant abritées par les couches dures de l'urgonien. L'érosion en
déblayant
ces couches tendres a fait apparaître des combes enchâssées dans la
garrigue au
coeur des anticlinaux. La Vaunage est une de ces combes, mais la plus
grande de
toutes car le travail érosif a été ici facilité par la présence de
failles.
Notons aussi au nord du district la présence d'une butte témoin dégagée
du
front de cuesta, le puech de Mauressip.
Cette dépression ou
boutonnière est unique par sa taille dans les garrigues nîmoises. Elle
méritait
bien alors un district à elle
toute
seule.
Le climat est le même
que celui des Garrigues de Nîmes avec cependant, grâce à la
percée d'Aigues-Vives, des remontées de brises
marines qui
diminuent l'amplitude thermique journalière.
Les peuplements
forestiers sont presque inexistants hormis les pentes
tapissées de
chêne vert
de Mauressip. Seuls demeurent deux micro-pinèdes, quelques arbres de
parcs et
des alignements de platanes. La ripisylve qui devait border le Rhony
(principal
ruisseau du district qui tarit souvent l'été venu) a été totalement
détruite.
Ici,
c'est le
domaine de l'agriculture par excellence. L'ancienne "petite Canaan",
cette boutonnière marneuse fertile (complexe de formations de piémonts
: limons
mélangés aux débris calcaires) était jadis le domaine du blé.
Aujourd'hui, la
vigne est la principale culture. Depuis ces dernières années elle
connaît
cependant une forte régression au profit des terres labourables et des
jachères. Notons la présence de quelques vergers et l'absence de
pâturages.
Au dernier recensement
agricole, en 1988, 80% de la surface du bassin vaunageol était encore
en S.A.U.
Mais cette surface, face à la
pression péri-urbaine de la ville de Nîmes, ne cesse de se
réduire. En
effet ce
ne sont pas moins de onze petits villages et hameaux , assis au pied
des
collines, qui drainent chaque soir des actifs nîmois de plus en plus
nombreux.
|

En
bleu : les Garrigues avec
la Vaunage en bleu foncé

Vue
sur la Vaunage
(Photo Daniel Bizet)
|
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