Superficie : 528 km² Communes : Aigaliers, Aiguèze, Argilliers, Belvezet, Bouquet, Brouzet-les-Alès, Castillon-du-Gard, Estézargues, Euzet, Flaux, Fons-sur-Lussan, Fontarèches, Goudargues, La Bruguière, La Capelle-et-Masmolène, Laval-Saint-Roman, Le Garn, Lirac, Lussan, Méjannes-le-Clap, Mons, Montclus, Monteils, Pouzilhac, Rivières, Rochefort-du-Gard, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Saint-Hippolyte-de-Montaigu, Saint-Just-et-Vacquières, Saint-Laurent-la-Vernède, Saint-Maximin, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Privat-de-Champclos, Saint-Quentin-la-Poterie, Saint-Victor-des-Oules, Saint-Victor-la-Coste, Seynes, Tavel, Tharaux, Vallabrix, Vallérargues, Valliguières. La
falaise caractérise ce district. Où que l'on se
trouve, les murailles
blanches brûlées de soleil dominent la masse sombre des chênes.
Ce
vaste plateau calcaire légèrement
ondulé présente de nombreux plis parallèles suivant un axe est-ouest.
Il
s'abaisse du nord au sud : 350 m dans les garrigues ardéchoises, 300
dans
celles de Lussan et 200 dans celles de Valliguières. Seul émerge le
mont
Bouquet, point culminant à 629 m. Cette
région balayée par le mistral offre des contrastes
climatiques assez sévères. L'amplitude thermique journalière favorisée
par
l'albédo de la roche calcaire est la plus forte du département. La
température
moyenne annuelle varie entre 12°5 au nord et 14°2 au sud. Les
précipitations
sont orientées par l'axe rhodanien et varient d'est en ouest de 700 à
1300 mm.
Seules les combes légèrement abritées du mistral et les ripisylves
présentent
un microclimat un peu plus tempéré et une végétation plus riante. Sur
les
plateaux, c'est le grand
domaine des garrigues boisées qui représentent
près de
la moitié de la surface totale des différents types de peuplements ;
elles
devancent les taillis et les garrigues non boisées. Il ne reste qu'une
portion
congrue aux pinèdes pures ou associées à des taillis et autres
boisements
morcelés. A l'abri des plateaux arides, confinés au fond des "boutonnières", quelques villages et hameaux autour desquels céréales, cultures industrielles et vignobles se partagent à parts égales l'essentiel de la S.A.U. En vingt ans celle-ci a perdu près de 50% de sa superficie. Les S.T.H. surtout ont fortement reculé. A un degré moindre les céréales ont aussi chuté. Le bétail et les fourrages ont également diminué mais le bon maintien du vignoble est surprenant, surtout dans cette partie du Gard. |
![]() En bleu : les Garrigues avec les garrigues de Lussan en bleu foncé ![]() Les Concluses de Lussan (photo B.Remy) ![]() Montclus (Photo B.Remy) |
|
Superficie
: 305 km² Communes :
Bragassargues, Brouzet-les-Quissac, Cannes-et-Clairan, Carnas,
Conqueyrac, Corconne, Durfort-et-Saint-Martin-de-Sossenac, Gailhan, La
Cadière et Cambo, Lecques, liouc, Logrian-Florian,
Orthoux-Sérignac-Quilhan, Pompignan, Puechredon, Quissac,
Saint-Hippolyte-du-Fort, Saint-Nazaire-des-Gardies, Sardan, Sauve.
Des
étés surchauffés, des hivers rudes, la plaine de Pompignan n'est pas
sans présenter des analogies avec les contrées arides du sud de
l'Espagne :
steppes à perte de vue, graminées et arbustes. Au
sud-ouest de notre département,
ce district très hétérogène s'étend de part et d'autre du Vidourle.
Il est profondément marqué par de nombreuses failles dues à la phase
alpine,
orientées sud-sud-ouest/nord-nord-est. Globalement
l'altitude est plus
élevée à l'ouest : Mont Haut
527 m à l'ouest de Pompignan, le Leiris 470 m au massif de Coutach et
243 m au
bois de Paris qui domine la plaine de Salinelles. Le
Vidourle traverse le coeur du
district et collecte de nombreux ruisseaux, Rieumassel, Brestalou,
Crieulon,
qui s'écoulent dans ces bassins. La plupart de ces cours d'eau
tarissent en été
; c'est aussi le cas du Vidourle entre Sauve et Saint-Hippolyte-du-Fort. A
cause de la proximité de
l'Aigoual
et du Liron, le climat s'apparente plus à celui des Cévennes qu'à celui
des
garrigues. Il est encore méditerranéen en raison de la sécheresse
estivale
(environ un mois), mais pourtant assez froid de l'automne au printemps
avec
d'importantes précipitations : elles s'échelonnent de 800 à 1100 mm/an.
Mais
l'influence des
Cévennes froides se décèle surtout aux températures : Mis
à part les belles
ripisylves
qui ourlent les bords du Vidourle et de ses
principaux affluents, la
forêt se
rencontre sur les coteaux. Elle couvre environ 54 % du district. La
série
dominante est celle du Chêne vert, le pubescent se rencontre
localement. Le Pin
d'Alep est bien représenté surtout autour de Bragassargues sur les
calcaires
marneux de la bordure sud du dôme de Lédignan. Cette espèce liée à un
stade de
transition, qui colonise les friches abandonnées et les secteurs
incendiés,
forme de belles futaies à l'ombre desquelles le chêne vert en taillis
peut
s'installer. Ailleurs les garrigues boisées et les taillis (forêt de
Coutach)
représentent les types de peuplements les plus courants. Les garrigues
non
boisées basses à genêt scorpion et les landes-pelouses à
lavande, thym
ne sont
pourtant pas réduites au minimum et occupent
de beaux espaces surtout
dans la
plaine de Pompignan. Avec
28 % de S.A.U., l'agriculture
est surtout concentrée dans les vallons. A part le vignoble et les
jachères qui
se maintiennent, la tendance est à la diminution même pour les
pâturages qui
occupent la première place avec encore de belles surfaces dans le
Pompignanais.
Ils sont suivis de près par le vignoble. Les cultures industrielles et
les
céréales couvrent quelques centaines d'hectares et ces dernières
reculent
sévèrement. Notons enfin et c'est surprenant, la quasi-disparition des
plantes
fourragères et la chute réelle du cheptel ovin. L'impact
anthropique dans cette région est faible.
L'habitat est groupé et les populations sont concentrées dans de petits
villages dont les plus importants restent Sauve et Quissac.
|
![]() En bleu : les Garrigues avec les g.du Montpelliérais en bleu foncé ![]() La plaine de Pompignan (Photo D.Bizet) |
Superficie : 95 km² Communes : Combas, Crespian, Domessargues, Fons, Maruéjols-les-Gardon, Mauressargues, Montagnac, Montignargues, Montmirat, Saint-Bauzély, Saint-Bénézet, Saint-Mamert-du-Gard, Vic-le-Fesq. Entourée de plaines peuplées, cette "montagne-île"
apparaît
singulièrement déserte et sauvage. Elle était le refuge inextricable
des
Camisards. Savez-vous que les armées du Roi Soleil avaient envisagé de
la
brûler pour en déloger ces irréductibles ? Ce
massif calcaire correspond en fait au flanc oriental du
dôme de Lédignan qu'il épouse parfaitement. Son orientation est donc
approximativement nord-nord-est/sud-sud-ouest. Les couches
sédimentaires sont
ainsi très inclinées avec des pentes supérieures à 15%. Dans cette
succession
de couches plus ou moins tendres, l'érosion a favorisé par endroits la
présence
de petites corniches de hauteur toujours modeste. Si
on excepte le petit ruisseau intermittent de l'Auriol, le
réseau
hydrographique est presque inexistant. Notons la présence
de la
vallée
sèche du Doulibre qui s'encaisse dans un des plus petits canyons de
notre
département. On
entre dans ce district de plein fouet dans le domaine du
Chêne vert, surtout noté en garrigues boisées ou non, plus rarement en
taillis.
Le Pin d'Alep est localement présent en futaies. C'est un district
forestier :
la couverture forestière avoisine les 85 %. Suite aux incendies, les
landes ne
sont pas rares de même que les friches, à cause de la déprise agricole. Avec moins de 5 % de la superficie du district en S.A.U., le Bois de Lens est notre district le moins cultivé. Les terres agricoles sont rares : la cuvette de Robiac n'est plus exploitée que sur un tiers de sa surface et seules les terrasses de Montagnac et le val de l'Auriol sont occupées par la vigne et quelques céréales. |
![]() En bleu : les Garrigues avec le bois de Lens en bleu foncé ![]() Une Capitelle au bois de Lens |
Superficie : 380 km² Communes :
Bagnols-sur-Céze, Carsan,
Cavillargues, Chusclan, Connaux, Cornillon, Gaujac, Issirac, La
Bastide d'Engras, La roque-sur-Céze, Le Pin, Pougnadoresse, Sabran,
Saint-Alexandre, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-André-d'Olérargues,
Saint-Christol-de-Rodières, Saint-Gervais, Saint-Laurent-de-Carnols,
Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Michel-d'Euzet, Saint-Nazaire,
Saint-Pons-la-Calm, Salazac, Tresques, Vénéjan, Verfeuil.
Des fayards et des rouvres à faible altitude, voilà qui n'est pas chose courante dans notre région. On pourrait se croire dans une forêt du centre de la France. Pourtant nous sommes bien dans le Gard, sur une piste menant à la léproserie de la forêt de Valbonne. A
l'est des Garrigues de Lussan et au nord de la faille de
Roquemaure, ce district offre un
paysage original. Les
calcaires durs de l'urgonien ont disparu et les terrains variés du
crétacé
affleurent (sables, marnes, calcaires gréseux). L'inégale résistance de
ces
terrains à l'érosion a été peu favorable à la conservation de surfaces
planes.
Cette érosion a dégagé des formes structurales mettant en saillie
des bancs
durs et déblayant les couches tendres. A côté des collines sableuses
aux formes
molles (Courac, Sabran), les assises tabulaires des calcaires gréseux
dressent
fièrement leurs escarpements (plateaux de Lacau, Chusclan). Le point le
plus
bas du district est à 40 m et le point culminant, au sud de la
Chartreuse de
Valbonne, à 358 m. Il domine alors de plus de 200 m, les plaines
alluviales de
la Cèze et de la Tave qui coulent dans les marnes aptiennes. Les
températures moyennes annuelles sont comprises entre 13°
et 14°, les précipitations entre 750 et 950 mm. La sécheresse estivale
ne
dépasse guère un mois et le nombre de jours de gel varie de 40 à 60. Le
mistral
est omniprésent. Cependant le relief très morcelé génère en fait des
combinaisons variées d'influences locales, et au nord de la Cèze
s'esquisse déjà
la transition vers le climat continental de la France de l'est. Le
réseau hydrographique comprend essentiellement deux bassins
versants orientés NO/SE : Aujourd'hui
près de 40% de la surface
est cultivée. Le
vignoble est omniprésent, il progresse même depuis 20
ans et
représente près de 75% de la S.A.U. Ponctuellement on note aussi des
céréales,
des vergers et de plus en plus des cultures maraîchères comme les
asperges par
exemple. Les prairies reculent et ne représentent que quelques dizaines
d'hectares tout comme les labours et les fourrages.
|
![]() En bleu : les Garrigues avec le Bagnolais en bleu foncé ![]() Ripisylve de la céze (Photo D.Daycard) |
Superficie : 370 km² Communes : Cabrières, Caveirac, Clarensac, Langlade, Lédenon, Nages-et-Solorgues, Nîmes, Parignargues, Poulx, saint-Bonnet-du-Gard, Saint-Côme-et-Maruéjols, Sainte-Anastasie. "Le
salaire de la peur" :
les scènes exotiques de ce film d'anthologie ont eu pour décor
tropical... les
gorges du Gardon et les fameux lacets qui conduisent à la Baume. Ce
district a la forme
d'un croissant orienté nord-est/sud-ouest. Il
est limité au
nord et au sud par les bassins de la Gardonnenque et du Vistre et
enserre en
tenaille au sud-ouest la macro-combe de la Vaunage. Ce
pays au relief confus doit son originalité à la nature
calcaire du sous-sol : une série de calcaires très durs et très épais
qui
surmontent des calcaires marneux. Ces couches ont été plissées au
tertiaire
suivant une orientation est-ouest puis arasées par l'érosion
ultérieure. Les
anticlinaux une fois décapités, l'érosion a dégagé les couches tendres
et créé
ainsi des "combes" ou vallons plus ou moins parallèles les uns aux
autres (Vallongue, la Barben...). Globalement ces terrains imperméables
sont
plus nombreux dans la partie sud-ouest et on peut distinguer la
"garrigue
rocheuse" du nord et la "garrigue marno-calcaire" du sud. Les
formes dues au ruissellement sont importantes dans ces
garrigues nîmoises. Il faut d'abord citer le Gard, rivière allogène qui
traverse le nord du district dans un canyon étroit et sauvage, long de
29 km
offrant de beaux méandres encaissés. Dans cette vallée
surimposée, les
eaux du
Gard disparaissent en été sur plus de 10 km pour réapparaître en aval
de
Saint-Nicolas. Les vallées sèches sont légion. Elles sont de deux
sortes :
les
premières, liées à la structure plissée des garrigues, ont une
orientation est-ouest.
Les secondes, liées aux niveaux de base relativement bas pour le massif
(lit du
Gardon au nord et vallée du Vistre au sud) ont donné une grande force
érosive à
des ruisseaux d'orientation nord-sud : les "cadereaux". Ils n'ont
d'eau qu'exceptionnellement, après de violents orages et peuvent
provoquer par
la forte déclivité de leur thalweg de violentes crues. Tout le monde a
encore
en mémoire la catastrophe du 3 octobre 1988 à Nîmes qui témoigne par
son excès
de la rigueur du climat méditerranéen : en 8 heures il est tombé entre
250 et
400 mm d'eau ! L'ancienne
forêt de Chêne vert a été fortement dégradée par
l'homme, l'élevage ovin et les incendies. Aujourd'hui elle ne subsiste
que
localement sous forme de taillis. C'est
ici le domaine des garrigues
par
excellence, garrigues boisées ou non boisées qui
représentent plus de
95% de la
surface des peuplements forestiers. Le Chêne pubescent apparaît au nord
du
district dans les endroits plus frais, sur les glacis, autour de la
Calmette.
Notons enfin la présence ponctuelle de futaies de conifères, Pins
d'Alep
essentiellement. Anciennement
cultivées, les garrigues sont parsemées d'un
réseau de lignes de pierre les "clapas" dressés lors de l'épierrage
des champs. La plupart de ces champs sont aujourd'hui des friches et
des landes
à asphodèles et Chênes kermès. Les surfaces agricoles actuelles se
concentrent
dans les vallons et autour des zones déprimées de Lédenon et Cabrières.
La
S.A.U. est globalement stable depuis 20 ans. Malgré un léger recul, les
terres
viticoles sont les plus nombreuses. Les vergers et les jachères sont en
forte
progression alors que les T.L. et en particulier les céréales diminuent
légèrement. Dans ce district la pression urbaine est omniprésente. La ville de Nîmes s'étend fortement et des villages comme Poulx ou Cabrières voient leur population s'accroître démesurément. |
![]() En bleu : les Garrigues avec les garrigues de Nîmes en bleu foncé ![]() Le Pont du Gard (Photo B.Remy) ![]() Le Gardon à Russan (Photo B.Remy) ![]() Les gorges du Gardon (Photo D. Bizet) |
Superficie : 350 km² Communes :
Alès, Allègre, Bagard, Barjac, Boisset-et-Gaujac, Cardet, Les Mages,
Les Plans, Lézan, Massanes, Massillargues-Attuech,
Méjannes-les-Alès, Navacelles, Potelières, Ribaute-les-Tavernes,
Rochegude, Saint-Christol-lès-Alès, Saint-Denis,
Saint-Hilaire-de-Brethmas, Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avejan,
Saint-Julien-de-Cassagnas, Saint-Privat-des-Vieux,
Saint-Victor-de-Malcap, Salindres, Servas.
En aval
d'Anduze, le torrent cévenol capricieux se plaît à serpenter
nonchalamment dans la plaine. Il est alors bordé de belles forêts
galeries, les
ripisylves squattées, l'été venu, par de nombreux touristes à la
recherche d'un
peu de fraîcheur. Cette
longue
dépression orientée nord-est/sud-ouest et large de 6 km
environ s'étend en
gros entre
deux failles. A l'ouest celle des Cévennes marque l'escarpement cévenol
et à
l'est celle de Barjac délimite les Garrigues de Lussan. Au sud, il
vient buter
contre le rebord septentrional du dôme anticlinal de Lédignan et au
nord, il se
prolonge en Ardèche. Ce
bassin
oligocène résulte d'un fossé d'effondrement dont
le fond est descendu par saccades pendant une partie de l'ère
tertiaire. Il
était occupé jadis par un lac probablement peu profond qui n'a pas été
comblé
rapidement par les matériaux descendus des hauteurs voisines, justement
à cause
de ces abaissements successifs. Ce phénomène dit de subsidence a permis
l'accumulation d'une série très épaisse de matériaux lacustres d'où
émergent
les klippes sédimentaires qui jalonnent les rives de l'Avène au sud de
Salindres et les buttes crétacées au nord du Gardon d'Anduze. Les
températures moyennes
annuelles s'échelonnent entre 12°5 à Saint-Ambroix et 13°3 près d'Alès.
Les
précipitations annuelles varient entre 1000 mm à l'est et 1200 mm à
l'ouest. La
sécheresse estivale ne dépasse guère un mois et le nombre de jours ou
la
température est inférieure à 0° oscille entre 40 et 55. Les
eaux de
surface se
répartissent en deux bassins tributaires du Rhône : au nord celui de la
Cèze,
au sud celui du Gard dont le cours d'eau est formé par la confluence
des
Gardons d'Anduze et d'Alès. Ces rivières et leurs principaux affluents,
l'Auzonnet pour la Cèze et l'Avène pour le Gardon d'Alès sont issues
des
Cévennes. Cette allogénie provoque deux traits typiques de l'hydrologie
du
district : Sur
ces
alluvions fluviatiles, de belles
ripisylves
se
développent le long de tous les cours d'eau, la principale étant sur le
Gardon
d'Anduze. Elles constituent la particularité la plus remarquable du
district
sur le plan de la végétation. Ces galeries forestières sont composées
d'aulnes,
de frênes, de peupliers et de fourrés de saules. Ces peuplements
remarquables
en général denses, peuvent atteindre vingt mètres de haut.
De plus, il faut noter sur les quelques buttes de ce district la présence de peuplements de chêne vert (et à un degré moindre de chêne pubescent) présents surtout en garrigues boisées et en taillis. Les conifères, pin maritime, pin d'Alep, pin pignon, mais surtout pin noir sont présents dans les boisements morcelés. Les garrigues non boisées sont rares et les landes inexistantes. Cette plaine
est largement
cultivée (plus de 45% de la surface totale) grâce aux
possibilités
d'irrigation
offertes par les nappes alluviales. Elle est essentiellement le domaine
des
céréales puis celui du vignoble qui accuse un réel recul depuis vingt
ans.
Cependant ce type de production agricole n'est pas le seul à chuter :
les
vergers ont pratiquement disparu et les S.T.H. perdent plus de 75% de
leur
surface. Au contraire, les cultures industrielles et maraîchères
progressent
tout comme les jachères, mais cet accroissement ne comble pas le
déficit engendré
par le recul spectaculaire des S.T.H. Au total, c'est près de 30% de la
S.A.U.
qui a disparu entre les deux derniers R.G.A. |
![]() En bleu : les Garrigues avec le bassin d'Alès en bleu foncé ![]() L'abîme à Salindres ![]() Le mas des demoiselles à Salindres ![]() La Céze à Saint-Denis (Photo A.Sala) |
Superficie : 115 km² Communes : Aigremont, Canaules-et-Argentières, Lédignan, Moulézan, Saint-Jean-de-Crieulon, Saint-Jean-de-Serres, Saint-Théodorit, Savignargues. Oasis
de fraîcheur, la retenue d'eau du barrage de
la Rouvière est le
paradis des pêcheurs, des écrevisses qui y pullulent et accessoirement
un site
intéressant pour les ornithologues de tout poil ! Au
sud de la plaine d'Alès et à l'ouest des Cévennes
calcaires, le bassin de Lédignan s'étend irrégulièrement entre les
premières collines du Montpelliérais au sud et le massif du Bois de
Lens à
l'est. L'altitude
d'ensemble est modérée, voisine de 100 m. Cependant
cette plaine est légèrement inclinée du nord au sud : Deux
affluents du Vidourle qui tarissent chaque été se partagent ce district
: Les
moyennes climatiques diffèrent relativement de celles de
la plaine d'Alès. Si les précipitations annuelles sont globalement
moins
importantes, comprises du nord au sud entre 1100 et 850 mm, les
températures
sont plus froides et ce malgré la position plus méridionale de ce
district. En
effet ses marges sud
commencent à ressentir les effets des coulées
d'air froid
du massif Aigoual-Liron : Dans
ce paysage de bocage,
outre la belle ripisylve qui borde
le Vidourle à Vic-le-Fesc, trois types de peuplements de très faible
étendue
ont été recensés : Cette
cuvette est essentiellement
agricole avec plus de 70% de
la surface totale du district en culture. Dans une S.A.U. stable entre
les deux
derniers R.G.A., on note deux types d'évolution : Cette prépondérance agricole s'accompagne de l'essaimage de nombreux mas et petits villages. |
![]() En bleu : les Garrigues avec le bassin de Lédignan en bleu foncé ![]() Plaine de Lédignan (Photo D.Bizet) |
Superficie : 425 km² Communes :
Arpaillargues-et-Aureillac, Aubussargues, Baron, Blauzac,
Boucoiran-et-Nozières, Bourdic, Brignon, Cassagnoles,
Castelnau-Valence, Collias, Collorgues, Cruviers-Lascours, Deaux,
Dions, Foissac, Gajan, Garrigues-Sainte-Eulalie, La Calmette, La
Rouvière,
Martignargues, Montaren-et-Saint-Médiers, Moussac, Ners,
Saint-Cézaire-de-Gauzignan, Saint-Chaptes, Saint-Dézéry,
Saint-Etienne-de-l'Olm, Saint-Geniès-de-Malgoirès,
Saint-Hippolyte-de-Caton, Saint-Jean-de-Ceyrargues,
Saint-Maurice-de-Cazevieille, Saint-Siffret, Sanilhac-Sagriès, Sauzet,
Serviers-et-Labaume, Uzès, Vers-Pont-du-Gard, Vézénobres.
Au
coeur de la plaine
de Saint-Chaptes subsistent quelques hectares de friches, îlots de
survie
pour
quelques oiseaux de la steppe originelle.
Dans ce bassin tertiaire occupé par de la molasse, l'hétérogénéité et le manque de résistance de la roche ont grandement facilité le travail de l'érosion. La grande variété des faciès et leur faible épaisseur n'a guère permis l'apparition de véritables escarpements de rupture. Cette érosion a souvent dégagé des fouillis de collines dominant des plaines plus ou moins étendues. On peut y distinguer trois régions : - les bancs gréseux résistants forment les reliefs les plus "nets" comme les mamelons arrondis du nord de Moussac où s'élève l'Arque de Baron, point culminant du district, à 242 m, - plus au sud, le bassin oligocène de Saint-Chaptes est d'origine laguno-lacustre, de formation très semblable à celui d'Alès, il domine à l'est par le front de cuesta de Blauzac-Arpaillargues la troisième région, - la dépression d'Uzès tout d'abord noyée par la mer Eocène puis affouillée par l'Alzon et son principal affluent le ruisseau de Seynes. Le Gard principale rivière du district s'écoule à l'ouest le long du Bois de Lens. Son lit majeur de sables, graviers et galets surmontés d'une couverture limoneuse est exceptionnellement large. II atteint aux environs de Saint-Chaptes près de 4 km. Il reçoit en rive droite la Droude, mais surtout le Bourdic qui s'écoule paresseusement dans un lit d'alluvions sablo-limoneuses. Favorisées
par ces alluvions, de belles ripisylves se
développent et habillent les rives de tous les cours d'eaux : Droude,
Bourdic,
Alzon, Seynes. Celle du Gard surtout est impressionnante, qui peut
atteindre
par endroits près d'un kilomètre de large ! Protégée des effets des
coulées d'air
froid du massif Aigoual/Liron par la barrière du Bois de Lens, ce
district
jouit d'un climat plus clément, pluvieux en automne et au printemps
(précipitations comprises entre 750 et 1000 mm), frais l'hiver mais
chaud
l'été. La température annuelle moyenne tourne aux alentours de 14°. Au
nord des
Garrigues de Nîmes la sécheresse est égale à deux mois. Ce bassin est
situé
dans l'axe d'influence de la mer Méditerranée chaude, ainsi il y a
"seulement" 50 jours par an où des températures inférieures à 0° ont
été relevées, alors qu'il y en a plus de 70 dans les Garrigues du
Montpelliérais. Grâce aux nappes alluviales importantes et au sol riche, l'agriculture est très diversifiée. Le vignoble qui reste de justesse la principale activité agricole du district se stabilise, tandis que les cultures céréalières, les pâturages et les vergers régressent fortement. Malgré leurs fortes progressions ces vingt dernières années, les cultures industrielles et les jachères ne comblent pas le recul de ces cultures. |
![]() En bleu : les Garrigues avec la Gardonnenque en bleu foncé ![]() Blés à Blauzac (Photo D.Bizet) ![]() Site PGM à Gajan (Photo D.Bizet) ![]() Vézénobres (Photo D.Bizet) ![]() Le Gardon à Saint-Chaptes (Photo D.Bizet) |
Superficie : 120 km² Communes :
Aigues-Vives, Aspères, Aubais, Aujargues, Fontanès, Junas, Montpezat,
Saint-Clément, Salinelles, Sommières, Souvignargues, Villevieille
Aux
confins du Gard, la plaine
de Salinelles
est attachante à plus d'un titre : sa chapelle romane, les ondulations
douces
d'un paysage d'openfield et en contrebas la ligne sombre de la
ripisylve du
Vidourle. Cerné
au nord, à l'ouest et à l'est
par trois massifs calcaires des garrigues gardoises, ce petit
district est limité au sud-est par les bombements des collines
d'Aigues-Vives. Au
sud-ouest, il atteint la limite départementale. Il
comprend essentiellement un bassin lacustre oligocène semblable à
celui
d'Uzès, auquel nous avons rattaché les collines de calcaires marneux
aux formes
très arrondies de la région d'Aigues-Vives. Cette plaine n'est pourtant
pas
dépourvue de reliefs : de part et d'autre du Vidourle qui traverse ce
district
avant de servir de limite départementale dans le sud, des mamelons se
dressent
atteignant environ 100 m d'altitude (bois des Boulous : 139 m). Le
climat méditerranéen est marqué avec deux mois de
sécheresse estivale. Si les précipitations sont inférieures à 800 mm
par an, la
température moyenne sur l'année est à peine supérieure à 13° et la
moyenne
annuelle des températures du mois de juillet est voisine de 22°4 contre
près
24° à Nîmes. En effet, guidées par le cours du Vidourle, les retombées
froides
de l'Aigoual-Liron se font encore sentir et le nombre de jours où la
température descend en dessous de 0° est supérieur à 60 ! Avec
les principaux
affluents du Vidourle, Quiquillan, Corbières et Aigalade qui tarissent
l'été
venu et un Vidourle dompté par les barrages écrêteurs de crues,
Sommières
aujourd'hui dort un peu plus tranquillement. Les
peuplements
forestiers sont assez diversifiés, mais les garrigues boisées et non
boisées en
sont cependant les éléments les plus remarquables. Parmi les feuillus,
la série
du chêne vert est fortement représentée. Notons la présence de
peuplements
hygrophiles de bonne tenue dans les ripisylves qui bordent
le Vidourle
et ses
principaux affluents en particulier le valat des Corbières. Parmi les
conifères
le pin d'Alep forme de belles futaies et le pin pignon fait une timide
apparition. Si
les forêts se sont ainsi bien maintenues sur les collines,
l'homme a cultivé
les plaines en utilisant la nappe phréatique toute
proche.
Cependant depuis vingt ans, le terroir agricole diminue assez
légèrement et la
S.A.U. ne représente encore aujourd'hui que 45%
de la surface totale contre plus de 50%
autrefois. Globalement tous les secteurs reculent sauf
les jachères, les
vergers, les cultures maraîchères et fourragères. Le vignoble reste
l'élément
du paysage le plus important. Notons aussi la quasi-disparition des
prairies,
la baisse des céréales et l'absence des cultures industrielles. Facile d'accès, à proximité et à mi-chemin de grands pôles urbains (Nîmes, Montpellier) cette région connaît un fort accroissement des résidences secondaires. |
![]() En bleu : les Garrigues avec le Sommiérois en bleu foncé ![]() Le Vidourle à Lecques (Photo D.Bizet) |
Superficie : 50 km² Communes : Boissières, Calvisson, Congéniès, Saint-Dionisy. En
quittant Nîmes par la route de Sommières, le voyageur
est frappé, après avoir passé le village de Caveirac de voir
s'entrouvrir une
large dépression couronnée de quelques petites crêtes rocheuses. Ce
bassin est le plus petit de nos districts : la Vaunage (de
"val de
Nages", un des villages de cette combe). Après
les soubresauts
de la phase pyrénéo-provençale, le plateau tabulaire des garrigues
s'est
plissé. En tranchant les anticlinaux, la surface d'érosion qui a suivi
a mis à jour
des couches tendres
auparavant abritées par les couches dures de l'urgonien. L'érosion en
déblayant
ces couches tendres a fait apparaître des combes enchâssées dans la
garrigue au
coeur des anticlinaux. La Vaunage est une de ces combes, mais la plus
grande de
toutes car le travail érosif a été ici facilité par la présence de
failles.
Notons aussi au nord du district la présence d'une butte témoin dégagée
du
front de cuesta, le puech de Mauressip. Ici,
c'est le
domaine de l'agriculture par excellence. L'ancienne "petite Canaan",
cette boutonnière marneuse fertile (complexe de formations de piémonts
: limons
mélangés aux débris calcaires) était jadis le domaine du blé.
Aujourd'hui, la
vigne est la principale culture. Depuis ces dernières années elle
connaît
cependant une forte régression au profit des terres labourables et des
jachères. Notons la présence de quelques vergers et l'absence de
pâturages. |
![]() En bleu : les Garrigues avec la Vaunage en bleu foncé ![]() Vue sur la Vaunage (Photo D.Bizet) |